La France reste prudente: adoption 2011
Des parents, dont la procédure d’adoption 2010 a été validée par Haïti, réclament le « rapatriement » de ceux qu’ils considèrent comme « leurs enfants ». Elle devait partir le chercher le mois prochain. Ce voyage vers Haïti, enfin, après une si longue attente. « Jean, mon fils, vient d’avoir 3 ans. Ce petit garçon fait partie de ma vie, il fait partie de moi », explique, doucement, Corinne Jusserand qui, comme d’autres parents en instance d’adoption à Haïti, réclame aujourd’hui le « rapatriement » rapide de son enfant. « Pour le protéger », dit cette cadre bancaire, qui vit en région parisienne. C’est en 2007 que Corinne Jusserand a ouvert un dossier d’adoption 2010 en Haïti. En décembre 2008, les autorités locales lui ont annoncé « l’attribution » d’un petit garçon de deux ans, son fils, Jean. Ensuite, la procédure a suivi son cours normal. À l’automne, un juge haïtien a prononcé l’adoption 2010. Il ne restait plus qu’à établir le passeport et le visa de l’enfant qui devait arriver en France en février. Après le tremblement de terre, Corinne Jusserand a fait comme tous les autres parents dans la même situation : avec angoisse, elle a attendu, des heures durant, des nouvelles de la crèche de Port-au-Prince où vit son « petit bonhomme ». De manière indirecte, elle a fini par apprendre le plus important : Jean est vivant et il va bien. Pour l’instant. « Dans le chaos actuel, nous ne savons pas si nos enfants ont à manger ou à boire, s’ils pourront être soignés en cas de besoin », explique Corinne Jusserand.