«Juridiquement, je suis sa mere»
« Tous les papiers étaient en règle. Avec ma nièce, nous devions prendre l’avion ce mardi 19 janvier pour aller chercher son fils de 4 ans et demi, Jean-Bruno », explique Colette Simonetta, qui habite près de Paris. « Il n’est pas question d’aller « voler » des enfants là-bas. La justice haïtienne a prononcé l’adoption 2010 de mon fils. Juridiquement, je suis sa mère », ajoute Corinne Jusserand. Une mère au regard du droit. Une mère tout simplement. « Le week-end dernier, j’ai préparé la chambre de Jean. Ses tiroirs sont plein de vêtements, sans compter tous les cadeaux que lui a apportés le Père Noël », confie Corinne Jusserand qui, en novembre, est allée une semaine à Port-au-Prince pour les trois ans de son fils. À ceux qui ne comprennent pas leur démarche, ces parents aimeraient faire comprendre la force des liens déjà tissés avec ces enfants du bout du monde. Alors, inlassablement, ils racontent les nouvelles venues de là-bas, les échanges de photos qui, semaine après semaine, leur ont permis de voir grandir leur « bout de chou ». Tous ces « courriers d’amour » qui ont traversé l’Atlantique. Les lettres, les petits mots, les cartes d’anniversaires que la directrice de la crèche lit à leur enfant.